De emoţie, Skanderbeg strănutase pentru cea de-a treia oară.
A la tienne, filou, rânjise înduioşat Pantazi.
Ia vezi ce faci, ai grijă: am impresia, sau cumva ai răcit?Aş, conaşule! Ai văzut dumneata drac mort?Trei baiadere năroade şed frânte de şale, în canatul uşii aşteptând un semn. Prima e gata să se repeadă uşurel la havuzul plângător cu un vas neînceput de aramă, în care să toarne apa limpede şi răcoroasă croită pe măsura casei. A doua vântură imperceptibil un ştergar de in ţesut chiar de mâna dânsei, cu care s-ar învoi să şteargă cuviincios tălpile rămase desculţe încă din vremea cartului de ieri seară. Iar a treia, ceva mai îndrăsneaţă, mai că i-ar face cu ochiul conaşului: nimeni nu ştie drege
matka de
kulfi mai bine ca dânsa!
Iar după o zi aşa de plină, mare mirare să n-aibă poftă...
Gândul ăsta echivoc aproape duce pe pustii coregrafia, căci năroada cu ştergar îndrăzneşte un ghiont revoltat:
fată, nici aicea nu te-astâmperi?Din ochi, codata se apără, cu mâna suită serafic înspre grumaz:
cine, eu?Şi ştergarul de in dă ochii peste cap. Cu grijă mare, să nu ne ginească tata: aia ar mai lipsi, apără şi păzeşte!
Nu tu, mama! Pft, Allah s-o aibă-n pază: de te-ar vedea... s-ar topi a doua oară!Sakuntala lui Frimaire râde mânzeşte:
ţi se năzare, fată...eeei!Dulciul şi dulciurile vor trebui însă să aştepte, pentru că deocamdată beizadeaua ar cam pofti să-şi spele în tihnă picioarele...
Aşa, vezi! Ţi-am zis eu, na! Nu tot mai bine cu sfiala?Oh, merci, les toutes belles....Dar mâna de aramă opreşte cu infinită graţie picajul calculat cu grijă al ştergarului de in:
...euh...
seul, je t'en prie.Imediat după colţ, aspru foşnet de fuste:
Uăăă...! Vezi-vezi-vezi? Fraero! Ce, crezusei că l-ai luat pe Dumnezeu de-un picior...?Heh. C'est bien le cas de le dire,
tiens!***
Din carnetul lui Pantazi:
"
La Russie, ce vieil serpent de mer pour conversations impromptues. On en parle à tort et à travers, on en parle trop fort ou bien scandaleusement peu. Et surtout, on en parle comme jadis on disait sans doute des énormes n'importe quoi, en pensant à ces languides Ottomans à demi étouffés par le sirop du progrès, dont ils se contrefichaient avec la grâce des vrais et nobles mamelouks.Tant et si bien que, entre la poire des idées reçues et le fromage de nos peurs séculières, il devient de plus en plus difficile, sinon impossible, d'y voir un peu plus clair. Parlez-en trop souvent autour de vous, et vous vous retrouverez avec un tas de solécismes sur les bras, tellement la syntaxe de ce monde extraordinaire semble être hors de portée des neurones continentaux.
Parlez-en trop peu, et il se trouvera toujours une âme charitable pour vous estourbir de ses inquiètudes: vous croulerez sous une avalanche de faits, de noms et de chiffres dont votre interlocutrice n'a strictement que faire. De toutes façons, elle s'arrangera pour les sortir, tel un éventail de sa gaine, dès qu'elle aura flairé le blanc poli, ce moment où les anges s'arrêtent de lire le journal et passent en coup de vent prendre l'apéritif.Votre interlocutrice, parfaitement: cet immense pays mâle et bourru est, depuis toujours d'ailleurs, un dada d'Occidentale frugale, douteuse et fort républicaine. C'est le miroir aux alouettes des midinettes de tous bords, avec ses visions de zibeline en traîneau, de bijoux de Golconde et de tapis somptueux. Et, détail qui aura sans doute entraîné ses temporaires indisponibilités historiques, elle est suffisamment loin de nos ennuis démocratiques et sans conséquence, pour qu'on se dise que, eh bien, chez ces gens-là
ce n'est pas bien grave si le pire arrive.
La preuve: cela
se tient encore, mystérieusement, redoutablement.***
Il me fut donné de prendre le thé, par un gentil après-midi d'hiver, avec une de ces petites Bostoniennes dont on ne sait, au prime abord, que faire: les trousser vulgairement sous une portique ou leur donner le bon Dieu sans confession, quitus et couac. Parce qu'elle avait passé une moitié d'automne à Novgorod, sans doute pour la gloire de sa petite conscience, elle se croyait autorisée à parler de la Russie: de toute
la Russie et de rien d'autre.How exciting.
La croyant tout simplement ingénue, je m'efforçai de lui expliquer que l'on ne parle jamais de la Russie
comme d'une quelconque tablette de chocolat, mais plutôt des Russies,
tentaculaires et multiples, à la manière d'un fouet pour jeunes filles trop loquaces. Je m'abstins, il est vrai, assez difficilement de joindre le geste à la parole. Mais pour l'instant, son sourire me laissait encore un arrière-goût de madone rhénane:
aussi, je pris mon mal en patience et poursuivis mon œuvre civilisatrice, d'un air fort inspiré et prophétique.Or, à mesure que je remontais à la fois dans le temps et le long de sa jambe, cette chère petite s'enhardissait dans d'obscures remontrances civiques. A grand renfort de statistiques, elle voulut me faire croire qu'il en avait toujours été ainsi. Que la dîme du boyard passait nécessairement par le crime de sang, que la rudesse éthylique des campagnes reculées était une donnée incompressible et que bref, il n'y avait strictement rien à faire.Such a cruel race,
miaula-t-elle avec compassion, juste au moment où...
Ehrm, juste au moment où j'abandonnais tout espoir de tentation, dans les ornières de son genou finement galbé.
J'étais si déçu, que je ne lui accordai même pas l'infime privilège de savoir à quelle sauce elle allait être mangée. Ainsi donc, je l'emmenai tout droit sur les terres du mensonge spectaculaire et gratuit, et lui fis croire que j'étais un de ces descendants de Staline passés à l'Ouest avec force tintouin de circonstance.
Le regard ténébreux de rigueur fit le reste: elle n'y vit que du feu.
A mon immense surprise, elle le prit avec enthousiasme: grisée par le doux spectre de l'Histoire incarnée, elle se fit immédiatement la chantre de la main forte et de la geste radiophonique des années de guerre. Pour un peu, j'aurais croqué; mais le souvenir imprescriptible de ma vérité cardiologique était plus fort que les lacs de ses cheveux ambre.
Quelque temps après, j'appris qu'elle avait rejoint une sorte de commando académique, un de ces pelotons d'impuissants déguisés en think-tank
tiers-mondiste. Sans doute, dans l'espoir de me retrouver un jour sur les mêmes barricades du doute dialectique.
Do you have anything to do with it,
me demanda un quidam perspicace.
Боже, Царя храни!
Heh. Et Dieu reconnaîtra les siens, sans doute.***
Arrêtons le massacre, voulez-vous? Pour moi, la capitale de toutes les Russies se trouve à jamais à Saint-Pétersbourg. Une ville qu'on se plaît à peinturlurer voluptueusement à tort et à travers, mais dont on parle trop peu avec la jugeotte affectueuse qu'elle mérite.Au moins depuis cette génération énervante d'intellectuels qui ont trop lu Dostoïevski et trop vu Eisenstein, on se plaît à lui deviner une sorte d'affliction désolée et de dignité cancérigène. Cette ville est tout simplement trop, sa superbe se devait d'être punie par le Temps. C'était écrit dans les astres même de sa naissance, cela devait arriver nécessairement un matin d'automne, tout engloutir, tout effacer, tout avaler.Certes, Saint-Pétersbourg n'est pas une ville joyeuse. Nul entrain italien ne lui fait grâce, malgré les façades d'un Rastrelli. C'est une ville de mélancolie bien tempérée, parlant ce français surnaturel, car presque végétal, que tout le monde finira bientôt par oublier. C'est une ville de tendresses convalescentes et de vrais coups de poker. Quant à son spectre tutélaire, tout le monde se trompe, en croyant deviner partout la silhouette de Pierre derrière ce qui dépasse le cadre d'un expériment satrapique. En vérité, le secret ultime de Pétersbourg, le voici: je vous le donne en mille.Certains l'appellent Pétrograd. C'est une sorte de Purgatoire toponymique, et cela en dit sans doute long sur la manière dont les souvenirs du jour d'avant façonnent, en fin de compte, notre propre mémoire. Moi, depuis toujours et de droit divin, je l'appelle Kitège, cette ville des chroniques rurikides qui s'est tout bonnement suicidée pour échapper à la vermine des barbares.Le temps imprécis des mythes fondateurs lui va comme un gant,
apparemment à jamais perdue dans les flots glacés de la Néva; en réalité, plus vivante que jamais, dès lors que ce peuple de géants aimables, sentant le tabac ambré et la bergamote essaime à tout vent..."
***
Aïe! Dites: vous ne pouvez donc jamais faire un peu attention?Cine dumnezeu vorbise? În niciun caz Skanderbeg, care sfârşise prin a aţipi agăţat de tocul ferestrei de miazănoapte.
Buimac, Pantazi încercă mai întâi să-şi aducă aminte unde dumnezeului aterizase:
oh bon, la bieţii oamenii ăştia care mă cred zeu, hum.
Franchement! C'est la troisième fois: à Paris, j'ai bien failli me casser le bout du nez!Huh?
Prăvălit de podelele din teck, un
netsuke pesemne foarte supărat pe viaţă.
Să mă tai şi nu-mi aduc aminte de...bombăni stupefiat beizadeaua, fără să se mai mire de absolut nimic.
Attendez, mademoiselle: on s'est déjà vus quelque part, non?Oh et puis vous n'avez qu'à me ramasser convenablement, au lieu de... Eh, attention je vous dis, j'ai un de ces vertiges...euh...et puis fichtre quoi, allez-vous aussi repasser mon kimono...? Il est sans dessus dessous... euh... euh... pirate!Tare necăjită biata cucoană! Ei, asta e foarte puţin japonesc, să ştii:
Et d'abord, c'est Madame, pas Mademoiselle!Ah, voilà. Madame...?Butterfly, nigaud.Vous êtes sûre que vous ne...?Mais oui. Ils sont au Caire, pas aux Indes.Pantazi zâmbi. Ei hai, încercarea moarte...
Cigarette?Puisque je vous dis qu'ils sont au Caire!Oh! Vrai. On s'est déjà vus quelque part. Sauf que heh, je dormais moins bien alors...***
Ea e. Sau ar trebui să scriem
el?
Doar se ştie: heruvimii nu se încurcă în amănunte din astea.
Bref şi simplificând: ea,
tertium non datur. Personagiul care venea pe tăblia patului în care te foiai de mama focului, prins în laţul unui coşmar nepoftit dinspre dimineaţă. Ştim povestea: din vârful baghetei de cleştar, îţi arăta calm chepengul unui alt vis: clătească-ne, ducă-se pe pustii.
Haidem, dormi.
Sst.
Cela fait longtemps, Butterfly.Pas si longtemps que ça, par ma chandelle verte!Me voici dieu, rânji Pantazi.
Et ça vous plaît?Euh, oftă dihania...
vous savez, en fin de compte, ce n'est pas si terrible que ça, hein?Alors, j'ai une bonne nouvelle pour vous. Vous n'êtes pas dieu.C'est bien ce qu'il me semblait, zâmbise Pantazi cu înţeles.
Allons, nous savons bien que vous êtes le plus étourdi des Mages. Non?Euh... si, enfin... peut-être...ahem.Taratata. Et puis quoi encore, on discute?C'est que... comment leur faire comprendre que...?Netsukeul chicoti blajin:
Ah, ça...laissez-moi faire, demain tout s'arrangera, hein?Au fait... demain c'est quelle journée?Mais oh, vous êtes dans la lune?Pft: Kurisumasu, bien sûr. Allez, j'ai mieux à faire, moi...Un autre souhait? Profitez-en, il n'y en aura pas pour tout le monde.Je veux qu'il neige comme dans une estampe de Kyoto.Zău. Ce altceva să vrea Pantazi de Crăciun, heh?
Votre prix est le mien.Dessinez-moi un mouton. Oh et puis fermez les yeux, ce n'est pas comme cela que vous allez y arriver...***
Conaşule, repede! Haidem afară!Hum, quoi? Oh, pe toţi dumnezeii, Skanderbeg: doar ştii bine cum sunt dimineţile...Ei haidem, beizadea; de data asta, chiar merită.
Peste piaţa de gros şi prăvăliile de subţire, peste tarabele pentru chinoroz şi batist, peste madame şi modiste, peste manufacturi şi tejghele de schimb, peste croitori, armurieri şi cizmari, peste cuţitari şi olari, peste afumători de opiu şi brutari, peste librari şi zarzavagii...
...ei bine, cineva cerne petale de cireş.
Şi, de vreme ce timpul probabil e o nenorocită de convenţie, putem scrie şi:
Fix în acelaşi moment, duduca Sei desenează cu grijă în tuş o ideogramă pentru care noi avem nevoie de infinit mai multe semne:
choses agréab.......Vladimir Vladimirovici Nabokov îşi aşează în cui plasa de fluturi: deşi şomată, nu e o zi grozavă, pesemne...
...Luca Spandoni tocmai a isprăvit o partidă de
pinnacle...
...iar la Cairo, cineva bombăne de mama focului:
euh, non mais, puisque je vous dis que c'est la faute à Rousseau.Baboom!
Would you like a waffle, Miss?Mvai. Dar asta este, fireşte, o altă poveste: doar ce v-am spus că orice spoiler e de prisos!
Deocamdată însă şi acum da, din tot sufletul:
Joyeux Noël.
Urbi et vorbi, cum altfel?
Spoiler, totuşi:
Haha, what do you think, hum? Jamais sans mon essuie-glace.